POPULATION
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Démographie

On peut estimer la population à plus de 25 millions d'habitants, parmi lesquels 69 % de métis, 20% de blancs, 9 % de noirs, et 2 % d'indiens.
Le Venezuela à acueilli de nombreux immigrés en provenance d'Italie, du Portugal, et de l'Espagne. Lors du boom pétrolier des années 1970, le pays est devenu le fer de lance de l'Amérique Latine, et de nombreux immigrés sont arrivés en provenance de la Colombie, de l'Equateur, du Pérou, est des îles Caraïbes. Cette deuxième vague d'immigrés compte un nombre élevé de sans papiers.
Les communautés étrangère les plus importantes sont : colombienne, espagnole, italienne et portuguaise. La communauté française compte pour sa part moins de 10.000 ressortissants.
La densité au kilomètre carré est de 21 habitants.


Répartition par tranche d'âge

60 ans et plus 5 %
35 à 59 ans 20 %
25 à 34 ans 16 %
15 à 24 ans 20 %
00 à 14 ans 39 %


Type et répartition ville/campagne


Plus de 75 % de la population est urbanisée.

 

 

 

 

 


Ethnies et/ou minorités

Les familles indiennes les plus typiques


photo Philippe Lesné

Les waraos vivent dans le sud-ouest de l’Etat Monagas et dans le Delta de l’Orénque. Leur maisons lacustres portent le nom de Palafitos. Un plancher en troncs de palmiers à un mètre ou plus du sol, pas de murs, et un toit de palme de Temiche. Hamacs et vêtements sont suspendues aux poutres transversales. L’alimentation est à base de poissons et de fruits. L’artisanat en fibre de Moriche est d’un très grande qualité. Leur nombre est estimé à environ 20.000.

Les Karina habitent sur le plateau de Guanipa, dans les plaines de l’est. Le toit à quatre pentes de leurs maisons et les murs de bois sont sans conteste à l’origine de nos petites maisons créoles.

Le groupe Pemon est composé des Kamaracotos, des Arekunas, et des Taurepanes. L’architecture de leurs maison est très variée, et elles portent les noms de Maloca, Casa Kavac, Macuchi et Caney, suivant leur formes et leurs taille. Le toit de palme repose sur des murs de torchis, indispensable pour se protéger du froid de la nuit sur les plateaux de la guyane.

Les Panare vivent à l’ouest de l’Etat Bolivar, prés de l’Orénoque. leurs maisons de palmes et de torchis portent le nom de Pereka. Ils vivent d’agriculture, de chasse et de pêche. Les paniers tressés et les poteries sont l’essentiel de leur artisanat.

Les Yekuana, ou Maquiritares, sont les plus proches des anciens guerriers Caribe. Leurs maisons parfaitement rondes aux murs de torchis et à l’imposant toit de palme portent les noms de Hoto et Jeté. Ils sont experts dans la fabrication de pirogues. Leur artisanat est magnifique et de qualité: petits bancs en bois noble et en forme d’animaux, paniers finement tressés et colorés, colliers, etc. Ils vivent en forêt au bord des fleuves, au sud ouest de l’Etat Bolivar et au nord est du Territoire Amazonas.

Les Yanomami occupent le sud du Territoire Amazonas. Les tribus vivent dans une maison commune d’une cinquantaine de mètres de diamètre, ronde, fermée sur l’extérieur, et ouverte à l’intérieur sur une grande cour. Elle porte le nom de Chabono. Ils pêchent avec la racine du Barbasco, qui écrasée dans de petits cours d’eaux asphyxie les poissons qu’ils récolteront en surface. La culture du manioc et de la banane plantin complètent avec les produits de la chasse leur alimentation. Ils seraient environ 16.000.

Les Piaroas vivent dans des Churuatas, maisons rondes aux murs de torchis et au toit de palme. Ils occupent le nord ouest du Territoire Fédéral Amazonas. Leur artisanat est basée sur la vannerie. On estiment leur nombre à 10.000.

Les Yaruros habitent la prtie sud et centrale de l’Etat Apure, aux pieds des llanos de l’ouest. Leurs maisons sont rectangulaires, et portent le nom de Caney. Ils vivent de la chasse, de la pêche, et de l’agriculture. Ils travaillent le cuir et sont esperts en vannerie.

Les Bari occupent le sud de l’Etat Zulia, dans les vallées de Perija de la Cordillère des Andes. Ils vivent dans une maison commune de terre et de palmes, qu’ils appellent Soaica. Leur nourriture est composée essentiellement de produits de l’agriculture.

Les Wayuu vivent au nord et à l’ouest du lac de Maracaibo, dans la lagune de Sinamaica. Leurs maisons lacustres, proches de celles des Warao (delta) sont à l’origine du nom de Vénézuela, petite Venise. La pêche, complétée par l’agriculture, est à la source de leur approvisionement.



Préparation du manioc (casabe en Venezuelaien) Photo Philippe Lesné

 

 




Les premiers habitants du Venezuela

textes et photos
de
News Frontiers Adventure


Bien avant l’arrivée des colons, le territoire occupé aujourd'hui par le Venezuela comportait déjà ses occupants ayant fondé d’autres types de frontières et vivant en parfaite harmonie avec la nature. Certains furent eux-mêmes envahisseurs. Discriminés et exploités durant des décennies depuis la conquête puis subissant des transformations dans leur mode de vie et de pensée par les missions et le "progrès" offert par l'état, les indigènes du Venezuela ont difficilement gardé intact leur authenticité. Mais une certaine méfiance vis à vis de l’"étranger" et un immense orgueil leur permet de préserver encore certaines de leurs coutumes et croyances.

Divers groupes ethniques constituent la population indigène du Venezuela et sont distribués sur tout le territoire. Un regroupement linguistique permet de les relier les uns aux autres quant à leur origine, sans tenir compte de leur situation géographique. Il s’agit des trois grandes familles: Arawak, Caribe et Chibcha.

La plus ancienne et nombreuse est celle des Arawak. Les groupes qui la composent actuellement sont principalement les arawako du Delta Amacuro et de la zone en réclamation, les guajiro situés dans l’état du Zulia. On rencontre également certains groupes dans l’état d’Amazonie comme les kurripako et les baré. Ce sont des peuples sédentaires. Leur mode de vie et habitats sont profondément en relation à ce qui touche l’eau et la navigation. C’est d’ailleurs par ce moyen qu’à travers les rivières, ils se sont répandus sur tout le reste du territoire. Ils ont développé un type de construction sur pilotis, palafitos. Leur artisanat, principalement vannerie et pirogues, joue un rôle important dans leur vie quotidienne et sert également de marchandises pour le troc.

Les tribus Caribe, contrairement aux Arawak furent nomades et guerrières. Elles possédaient une organisation et une hiérarchie militaire. A l’intérieur du groupe, cette hiérarchie se notait selon la coupe de cheveux. Ils avaient l’usage de flèches empoisonnées et paraît-il pratiquaient le cannibalisme. Elles étaient craintes par tous pour leur agressivité. Venue du sud par l’Amazonie, descendantes de tribus du Brésil, elles se sont répandues en grande majorité sur la côte est du pays repoussant les Arawak puis dans la région de Guayana. C’est aux alentours du 15ème siècle qu’elles envahirent les Antilles. Aujourd’hui, elle inclut les tribus pémon, panare, mariquitare (guayane et Amazonie), cumanacotos, caribe (Anzoategui, Sucre), etc … Pratiquant l’agriculture, la chasse et la pêche comme moyen de subsistance, ces tribus sont aujourd’hui sédentaires et ont un mode de vie communautaire. Elles ont gardé en commun la particularité d’évoquer les ancêtres mythologiques dans leurs légendes et leurs pratiques rituelles.

La troisième famille, dont peu d’ethnies ont survécu jusqu’à aujourd’hui, dû entre autre à leur intégration est celle des Timoto-Cuicas ou Chibcha. Entrée par les Andes, ces tribus formèrent les groupes indigènes les plus avancés tant dans leur organisation sociale (système de castes) que dans leur activité agricole (cultures en terrasse sur les pentes des montagnes), et dans la pratique de l’élevage. Leurs constructions sont de pierres et de terre et originellement communales, bohio. Mais en raison de la propagation des maladies dues à la promiscuité, elles sont aujourd’hui familiales. Parmi ces rares ethnies , les plus notables sont les barí o mutilones dans l’état de Zulia et les Tunebo de l’état de Barinas.

En dehors de ces troncs linguistiques existent quelques ethnies indépendantes dont le langage n’a pu être classifié. Parmi elles, les plus importantes sont les yanomami de l’Amazonie et les warao du Delta Amacuro.

En grande majorité, ces tribus sont arrivées par le sud du pays, traversant l’Amazonie dans un premier temps. 6.000 ans avant Jésus Christ, certaines formaient déjà des groupes socialement organisés et vivant de l’agriculture. Aujourd’hui, l’influence de ces ethnies est importante dans le pays. Si l’on regarde sur une carte, la majorité des noms de lieu, villes ou rivières portent des appellations indigènes.

Bien que venus de souches différentes, ces groupes ont en commun une organisation communautaire pour le travail et la répartition des ressources et des récoltes. Les tâches sont réparties selon l’âge et le sexe, ce qui permet une organisation où chacun assume un rôle selon ses possibilités. Elles ont développé entres elles depuis des générations un système de troc qui de plus de leur apporter des échanges matériels, leur permet d’avoir des contacts culturels et jusqu’à engendrer parfois des unions matrimoniales.

La pratique de l’agriculture sur brulis (conuco) leur imposant parfois de ce déplacer sur de longues distances tout en restant sédentaires ou de posséder deux résidences est généralisée chez les indigènes du Venezuela. La principale récolte de ces conuco est la yuca (manioc), la banane et le maïs dont ils confectionnent certains types d’aliment aujourd’hui profondément intégrés dans la culture créole (casabe, arepa, bohio, etc … )

Aucunes de ces cultures n’ayant développé de système d’écriture avant l’arrivèe des missions, juste quelques lithographies, les légendes transmises de générations en générations sont un support au patrimoine culturel et religieux de ces peuples. Elles assument également un rôle primordial dans l’éducation formant dans l’esprit des enfants, dés le plus jeune âge, des critères de conduite et d’éthique régis par une logique spirituelle en relation aux phénomènes naturels (maladies, orages, … ).

Si le rôle des missions fut de transformer ou d’exterminer certaines pratiques religieuses en modelant ces critères de base grâce à l’éducation, elles leur permettent, par contre, d’avoir un moyen de se défendre face au monde "civilisé" en accédant à certains postes gouvernementaux afin d’être mieux représentés dans la politique du pays. Depuis la colonisation, elles ont joué un rôle d’ethnologue et de linguiste.

Aujourd’hui, grâce aux parques nationaux, certaines ethnies sont nettement valorisées et ont l’opportunité de conserver un mode de vie traditionnel en accord avec le milieu naturel. Le rôle de chacun, visiteurs, est de respecter leurs principes, leurs croyances et leurs valeurs et d’éviter dans la mesure du possible les comportements inadéquates. Leurs permettre une participation active dans le domaine du tourisme est une richesse quant à l’enseignement que chacun peu en tirer. Nul n'est mieux placé qu’eux même pour nous transmettre et nous faire connaître la culture et le milieu avec et dans lequel ils vivent.