| |
La Péninsule de Paria
La péninsule, fin de la cordillère côtière,
domine la mer de plus de 1 500 m. Ses versants sont couverts
dune forêt tropicale exubérante, similaire
aux grandes forêts de l état Amazonas.
Depuis 1978, 37 500 hectares de la partie la plus orientale
de la péninsule ont été décrétés
Parc National. Cette partie nest plus accessible que
par mer, et nest peuplée que par de très
rares petits villages de pêcheurs. Le choc entre ces
2 forces de la nature, la mer et la montagne, toutes deux
vierges de toute civilisation, font de la navigation sur la
côte nord un plaisir inégalable. La faune aquatique
est variée, les coraux sont nombreux, les moules grandes
comme la main. Des versants montagneux, de petites cascades
se jettent dans la mer. Les seules voies daccès
apparentes sont les lits des petites rivières, que
lon rencontre dans chaque anse. De temps en temps, au
détour dune corniche, une petite maison ou une
communauté de pêcheurs apparaît.
La côte sud, face au Golfe de Paria, est moins sauvage.
Les versants de la cordillère descendent plus lentement
vers la mer. Le terrain est plus aride, la végétation
plus sèche. La mer, enfermé dans un écrin,
est moins houleuse et plus chaude, leau avoisinant les
30°. Guiria, Puerto de Hierro et Macuro abritent une population
brunie par un soleil permanent.
|
| |
| |
La côte nord de la péninsule
Quelques kilomètres après Rio Caribe, au crucero
(petit carrefour), vous pouvez abandonner la route de Guiria
et vous engager sur la piste qui longe la côte nord.
Après une bonne heure de route, après avoir
traversé des villages pitoresques et colorés,
vous découvrirez la magnifique Playa Médina,
qui compte parmi les plages les plus belles du Venezuela.
Pendant plusieurs années, il fut question dy
installer un centre de vacances du Club Méditerranée,
mais le projet naboutit pas. Une plantation de grands
cocotiers borde la plage, et des installations de bon goût
rendent le séjour du visiteur agréable et confortable.
La houle ne pénètre pas dans cette petite baie
bien abritée, et leau verte et limpide bat avec
lenteur la large plage au sable fin. Vous pouvez aussi relier
ce petit paradis par voie de mer, en ½ heure à
partir de Rio Caribe. En semaine, les visiteurs sont rares
et la plage à peu prés déserte. En fin
de semaine, les habitants aiment à sy retrouver,
et si la plage perd alors un peu de son caractère sauvage,
laffluence reste quant à elle tout à fait
supportable.
Après Playa Médina, la piste continue en direction
de San Juan de las Galdonas, où vous attend un autre
petit paradis. Cest dabord la plage de Kerepare,
de plus de 2 km, battue par une mer houleuse. Une petite piste
quitte la principale et vous amène en bord de mer,
ou se niche un petit village tranquille et éloigné
de toute préoccupation. Quelques masures en plus ou
moins bon état abritent pêcheurs et paysans.
La plage sétire, sauvage, entre deux hauts promontoires
rocheux. Un petit campement touristique aux toits de palmes,
sobre et sans prétention, reçoit les amoureux
de la nature et de la vie tranquille dans un cadre reposant,
digne de Robinson Crusoé. Le village de San Juan de
Las Galgonas, quelques km plus loin, sétire en
hauteur face à un petit promontoire séparant
2 longues plages. La piste ne pourra vous mener plus loin,
et vous trouverez ici à vous loger et à vous
restaurer. Le village est très pittoresque et les longues
plages sont loccasion de bonnes balades. les habitants
sont quant à eux ouverts et simples, et le rythme de
leur vie semble lié à linstant présent
uniquement.
Après une mauvaise piste reliant San Juan de Unare,
la visite de la péninsule ne peut se faire que par
bateau. Pendant les mois dété, la houle
est forte et rend la navigation difficile. Au détours
des promontoires rocheux, la péninsule livre alors
ses secrets les plus cachés. Santa Isabel, petit village
perché dominant la mer, vit de la pêche et de
lagriculture, produisant dans les hauteurs café
et cacao. De petites plages et des criques abritent quelques
rares familles ou communautés de pêcheurs. Uquire
est la plus importante de ces communauté. Véritable
petit village, on y passe la temps, entre 2 sorties de pêche,
avec un verre danis. Plusieurs heures de navigation
seront nécessaires pour joindre la magnifique baie
de San Francisco, lun des joyaux de la péninsule.
Bien abritée, elle est tout indiquée pour les
amateurs dapnée qui ne pourront que sémerveiller
de la richesse de ses fonds marins.
A vingt minute de navigation de San Francisco se cache le
petit village de Don Pedro, créé par des esclaves
fugitifs. Caché par la végétation, il
est presque invisible de la mer. Ses habitants ont peu à
peu déserté le village, et seules en sont habitées
ses premières maisons. Les arbres fruitiers, livrés
à leur propre sort, dispensent avocats, pamplemousses,
oranges et citrons à volonté. A lentrée
du village se trouve une magnifique grange à cacao,
abri de passage pour les visiteurs équipés de
hamacs. De Don Pedro, un petit sentier part en serpentant
à lassaut de la cordillère, et permet
de relier en 4 à 5 heures de marche le petit village
de Macuro, de lautre côté de la péninsule.
A quelques km du village, les Bouches du Dragon, entre la
pointe de la péninsule et lîle de Trinidad,
sont battues par une forte houle que lon affronte le
matin, aux heures où la mer est la plus calme.
|
| |
| |
La côte sud de la péninsule
Une bonne route relie Rio Caribe à Guiria. La forêt
quelle traverse jusquau village de Borhordal est
luxuriante, et les bouquets de bambous se mêlent aux
grands arbres couverts de lianes et de lichen. Les plantations
de cacao, nombreuses aux abords de la péninsules, se
cachent à lombre de la forêt. Guiria est
une petite ville de moyenne importance dont le port sert de
base à toute lactivité maritime sur le
Golfe de Paria. Les échanges entre Guiria et Trinidad
sont nombreux et un grand nombre dembarcations stationnées
dans le port sont immatriculées à Trinidad.
Un Ferry relie toutes les semaines lîle au continent.
De même, un échange permanent existe entre Guiria
et le delta de lOrénoque, séparés
par 4 heures de navigations (de Guiria à Pedernales).
En quelques heures de bateau, vous pourrez rejoindre la petite
ville de Macuro, appelée aussi Puerto Colon. Une magnifique
statue de Cristophe Colomb rappelle que celui-ci, en y débarquant,
ouvrit pour la première fois les portes du Nouveau
Monde au continent européen. Morgan le pirate sinstallera
par la suite dans ce petit village, en faisant son port dattache,
y attendant bien à labri la sortie dans les mer
caraïbes des armadas espagnoles. Leau de source
de Macuro était quant à elle réputée
par tous les navigateurs pour sa pureté exceptionnelle.
Elle se conservait plus longtemps à bord, et les navires
faisaient escale à Macuro pour y refaire leur réserves
deau potable entre deux expéditions. Quelques
petits hotels pourront vous permettre de vous loger petitement
à Macuro. Le soir, les bars se transforment en discothèque
et lon y danse la calypso, originaire de Trinidad. Cherchez
le petit musée, chargé dhistoire, et cherchez
ensuite la personne qui sen occupe. Prenez rendez-vous
pour la soirée, amenez une bouteille de rhum, et un
infatigable conteur vous dévoilera, en français,
toute lhistoire et les secrets du village le plus célèbre
du Venezuela.
|
| |
|