Maracaibo et sa région
sont comme un deuxième pays dans le Venezuela. Eloignés
de Caracas, on ne s'y rend guère et on n'en parle peu,
si ce n'est pour se référer aux immenses champs
pétroliers qui recouvrent le lac d'une forêt de
derricks.
La ville est installée à l'ouest de l'isthme qui
sépare le Golfe de Venezuela et le Lac de Maracaibo,
en son point le plus étroit. Un pont récent, de
8,6 kilomètres, relie les deux berges. La ville compte
1 million et demi d'habitants, ce qui en fait la deuxième
du Venezuela. Son aéroport internationnal est desservi
par de nombreux vols journalier. Sa gare routière est
importante. En autobus, comptez 11 heurs pour parcourir les
745 kilomètres qui vous séparent de Caracas. Vous
n'êtes qu'à 4 heures de Valéra, dans la
Cordillère des Andes.
La ville est relativement chaude, avec une température
moyenne de 30°. La vieille ville est très animée
et colorée. Les rues s'y coupent toutes à angle
droit.
Le lac de Maracaibo
C'est le plus grand lac d'Amérique Latine. Il couvre
pas moins de 13.000 kilomètres carrés. Plus d'une
centaine de rivières l'alimente d'eau douce de la proche
Cordillère des Andes. Si le lac était peu salé
autrefois, les choses ont bien changées depuis le boom
pétrolier. Un canal permetant l'accès aux pétoliers
a été aménagé, multipliant par trois
la salinité de l'eau. En ce qui concerne la beauté
du lac, vous pourrez vous en faire une idée précise
en sachant que quelques 10.000 derriks y ont étés
installés. Vingt quatre mille kilomètres de pipeline,
la plupart sous-marins, complètent l'installation. Il
serait paraît-il malsain pour la santé de se baigner
dans le lac. Cette exploitation s'explique sans peine par l'apport
en devises que procurent les 700.000 barils de pétrole
extraits quotidiennement de quelques 400 gisements. A noter
que l'industrie pétrolière est aujourd'hui conciente
des problèmes écologiques liés à
l'exploitation, et que tout est fait aujourd'hui pour se conformer
à des normes plus strictes. De gros efforts sont fait
actuellement par le ministère de l'Environnement et l'industrie
pétrolière pour améliorer l'état
du lac. D'autre part, les employés des compagnies pétrolières
sont parmi les mieux payés du pays, et plus d'un Vénézuélien
peut jouir grace à elles d'un niveau de vie confortable
et souvent inespéré.
Au sud du lac, les terres sont riches et fertiles. Exploités
intensivement, elles sont d'un apport important en légumes,
fruits, produits laitiers et viande.
Artisanat
Vous trouverez un grand choix d'artisanat dans la région.
Les hamacs tissés par les Guajiros sont avec les hamacs
du Delta de l'Orénoque les meilleurs et les plus confortables
du Venezuela. Les tapisseries et petits tapis sont eux aussi
des objets de qualité. Les totumas, demis récipient
fabriqués à partir de différentes espèces
de callebasse, servent suivant leurs tailles de cuillères,
de louches, de bols ou encore de saladiers. Les modèles
moyens sont très pratiques pour faire un repas de salade
variée, entre amis. Ils tiennent bien dans la main ou
sur les genous, et leur forme incurvée permet de charger
la fourchette très facilement.
Pour tout ce qui est tissage, méfiez-vous de ce qui brille
trop, et qui a de grandes chances d'être fabriqué
avec de la fibre synthétique.
Excursion au nord est de Maracaibo
La population des villages lacustres de Sinamaica est évaluée
à environ 6.000 habitants, répartis en quelques
500 maisons dans trois villages principaux qui sont El Barro,
Nuevo Mundo et Boca de Cano. Les femmes fabriquent des tapis
en paille tressée, tandis que les hommes pêchent
ou extraient l'huile des noix de coco. De petits jardins sont
installés sur les maisons lacustres dans de vieilles
pirogues inutilisables. Beaucoup de maison sont peintes de couleurs
vives et vous pourrez faire de splendides photos.
Sinamaica et sa lagune se trouvent à environ 1 heure
au nord de Maracaibo (45 km), sur la côte ouest. La visite
de la lagune et de ses villages se fait en bateau, à
partir de Puerto Mara ou Puerto Cuervito, aux deux extrémités
de la lagune. La promenade à partir de Puerto Mara est
plus longue, mais aussi plus intéressante. Compter une
bonne heure, si ce n'est deux.
Le lundi, à environ une demi-heure plus au nord de Sinamaica
se trouve le très pitoresque marché guarijo (ethnie
indienne) de Los Filudos. De nombreux guajiros y viennent en
4X4, en camions ou dans de magnifiques autobus aux couleurs
vives. Ces autobus aux chromes étincelants et aux décorations
vertes, jaunes, rouges ou orangées, sont un régal
pour les yeux. Ils sont propres à la région et
à la voisine Colombie. Si l'on vend beaucoup de fruits
(bananes plantins en particulier) et de bétail (chèvres
et moutons) dans le marché, vous pourrez aussi y trouver
des sacs fabriqués au crochets dans des couleurs vives,
des châles guajiros, des chapeaux, et les fameuses sandales
guajiras, taillées dans de vieux pneus.
Dix kilomètres après le marché, vous trouverez
dans le village de Yaguasiru l'atelier Mali Mai de Luis Montiel,
qui emploie des guajiros pour fabriquer des tapiceries et des
tapis. A visiter avant d'acheter quoi que ce soit ailleurs.
Vous y verrez des objets de qualités et y apprendrez
ce qui fait la valeur d'un tissage. Pour vous rendre à
Yaguasiru, tournez à gauche 1,5 kilomètre après
le marché de Los Filudos.
Si vous continuez après Yaguasiru, vous arriverez au
bout d'une vintaine de kilomètres à la frontière
colombienne. La police y est à l'affut de la contrebande,
et elle a fort à faire avec un peuple de plus de 150.000
guarijos qui ne reconnaît pas la frontière. Ce
poste de frontière, peu recomandable dit-on, n'est pas
le lieu de passage habituel des touristes européens.