LES LLANOS (Les grandes plaines centrales)




description générale
Les immenses plaines vénézuéliennes s’étendent de la cordillère des Andes jusqu’au Delta de l’Orénoque, et occupent avec 280.000 kilomètres carrés le tiers du territoire national. Les grandes fermes d’élevages, comptant plusieurs dizaines de milliers de zébus, s’appellent des hatos. Les surfaces qu’elles occupent sont énormes et dépassent couramment les 50.000 hectares. Dans ces grandes plaines vivent d’authentiques cow-boy llaneros, descendants des plus héroïques combattants pour l’indépendance. Ils se déplacent à cheval ou en 4X4 pendant la saison sèche, qu’ils remplaceront, dans les bas llanos inondables, par des avions et des barques en saison des pluies. Entre mai et décembre, les fleuves débordent et envahissent tout. La force de l’Orénoque et de ses grands affluents est telle qu’ils retiennent comme des barrages les eaux des rivières et des petits affluents. La nature se gorge d’eau et verdit. La faune se disperse.


Photo Alborada

Avec la saison sèche, de janvier à mai, les pâturages redeviennent dorés et secs, et la vie animale se concentre alors autour des points d’eau. D’un point de vue touristique, c’est l’époque la plus intéressante.

La partie occidentale des llanos, qui part du pied des Andes et court jusqu’à la verticale de Caracas, est la plus verte et la plus riche en faune. C’est là que se trouvent les plus grands affluents de l’Orénoque, et en particulier le Rio Apure, et donc les inondations les plus fortes. Dans la partie est, vous ne découvrirez qu’une savane arborée ou de longues plaines sèches et arides qui, si elles ne manquent pas toujours de charme, restent toutefois trop pauvres en vie animale.

 


La faune
De plus en plus, les grands hatos se spécialisent dans le tourisme écologique. Le hato El Frio, l’un des plus connu, a dressé une liste de sa faune à l’intention de ses visiteurs. Vous pourrez y découvrir pas moins de 342 espèces d’oiseaux, répartis dans 57 familles différentes ! Le visiteur moins expérimenté ou moins spécialisé pourra se contenter d’admirer les espèces les plus grandes ou les plus colorés, parmi lesquelles les hérons, les flamands, les cigognes, les ibis écarlates, les spatules rosées, ainsi que de nombreuses espèces de canards et de rapaces.



Quelques 38 mammifères, si l’on excepte les chauves souris (11 espèces, parmi lesquels le vampire !) sont représentés dans le hato, soit à peu prés tous les mammifères du Venezuela. Dans cette liste, le Manati, qui ressemble à peine à un gros phoque d’eau douce, très docile, herbivore, et que les indiens chassaient pour sa graisse. Les chiguires, ces gros rongeurs de 60 kg, parcourent la plaine en bandes énormes. Le hato El Cedral en compte à lui seul prés de 40.000 !

Les reptiles ne sont pas à la traîne, avec 42 espèces. Parmi eux figurent le très rare caïman de l’Orénoque et le caïman à lunette, quelques espèces d’iguanes et de gros lézards, 4 serpents constricteurs parmi lesquels l’anaconda, que l’on voit facilement en saison des amours, ainsi que pas moins de 23 espèces de serpents. Cinq espèces de tortues viennent compléter la collection.
Ajoutons 12 espèces de grenouilles et 2 espèces de crapauds pour les amphibies, et 104 espèces pour les poissons, et vous aurez avec les llanos l’une des plus grandes réserves animales du monde.

 


Comment visiter les llanos ?
L’immense territoire couvert par les llanos est le principal problème du voyageur. Il ne faudrait pas moins de 15 jours pour parcourir en long et en large ces grandes plaines.

Les grands hatos, qui concentrent la plus grande partie de la faune, restent la meilleure alternative si vous pouvez vous les offrir. Il vous faudra compter entre 100 et 150 $ par personne et par jour suivant la saison. Le plus côté d’entre eux est certainement le hato Pinero, d’une superficie de 83.000 hectares. La chasse y est interdite, et certaines zones restent totalement inexploités pour en préserver l’équilibre et la virginité. La plupart de ces hatos se trouvent à quelques heures de San Fernando de Apure. La réservation se fait en général à Caracas, où l’on vous proposera un transfert par route ou par avion.

Si vous avez prévu de visiter les Andes, vous pourrez redescendre sur Barinas, à la porte des llanos, et prendre la route du sud en direction de San Cristobal. La route, droite et peu fréquentée, est en surplomb sur un talus de quelques mètres. De chaque côté, les trous laissés par la terre qui a servi à l’élaboration du talus se sont remplis d’eau et forment de petits étangs autour desquels se regroupent des dizaines d’espèces d’oiseaux. Les babas, petits caïmans ne dépassant pas 2 mètres, s’y rencontrent à profusion. Dans certains étangs, vous pourrez les voir par dizaines. Après une bonne demi-heure de route, vous pourrez vous loger confortablement et à un prix très raisonnable dans un hôtel situé en pleine nature prés de la route. Cette route traverse des hautes plaines qui ne sont jamais inondées, et la faune y est présente toute l’année.


Photo Alborada

 


2 Journées dans un hato
Le hato est isolé dans une immense propriété de 53.000 hectares. Quarante cinq minutes de vol depuis Caracas, puis 3 heures de minibus à partir de San Fernando de Apure, nous ont conduit au campement. Des gardes armés en surveillent les accès pour surveiller les troupeaux et empêcher les vols. Les bungalows sont disposés autour d’un jardin agrémenté de grands arbres, habités par de nombreux iguanes et oiseaux.
En saison des pluies, les marécages sont nombreux, la nature est verdoyante. En saison sèche, ce ne sont partout que de grandes prairies pousssiéreuses et sèches. Les bandes de chiguire flânent le long des rivières, se jetant à l ‘eau à la moindre alerte.
Le soleil frappe lourdement et casquette ou chapeau sont indispensables. De bonnes chaussures commodes, une paire de jumelle, un appareil photo et son téléobjectif complètent l’équipement. Les sorties en 4X4 nous emportent vers les points d’eau où se rassemble la faune. Des bottes, fournies par le campement, nous permetent de nous en rapprocher et de mieux l’observer, tandis que le plan du hato et la liste des espèces nous aident à mieux nous situer. L’oiseau cardinal, au plumage rouge, les échassiers, les canards, les nombreuses espèces de rapaces, voisinent avec chiguires, cerfs, singes hurleurs, tatous ou fourmiliers. Le caïman à lunette, les tortues et occasionellement les dauphins d’eau douce sont las habitants permanents des fleuves et des lagunes.
A la nuit, nous ressortons observer la faune nocturne. Quelques oiseaux et de nombreux renards. Avec un peu de chance, nous rencontrerons l’anaconda, en général d’une taille moyenne de 7 à 8 mètres, mais que l’on dit pouvoir dépasser les 12 mètres. Sa trace reste souvent visible dans les prairies marécageuses. Pour cette sortie nocturne, un pantalon long et une chemise à manche longue nous protègent des moustiques. Une petite bombe insectiside complète la protection.
Au retour au campement nous attendent une excellente grillade de zébus, et un cuba libre bien mérité. Un groupe de musique llanera agrémente la soirée. Une harpe, un cuatro (petite guitare de la taille d’un violon, à 4 cordes), et des maracas accompagnent les chants des plaines.
Le lendemain, deux barques à fond plat nous emmènent à la pêche au pirhana. Ceux-ci sont extrèmement vorace et la pêche est fructueuse. Quelques hameçons ne résistent pas à la terrible petite machoire et à ses dents pointues. Sur les bancs de sable nous observent de magnifiques exemplaires de babas, d’environ 2 mètres de long. Dans l’après-midi, nous nous envolerons à bord d’une avionnette, qui nous déposera après une bonne heure de vol sur l’archipel de Los Roques, en plein cœur des Caraïbes…