Le delta de l'Orénoque
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Ecosystème unique au monde, le Delta de l’Orénoque s’étend sur une superficie de plus de 30.000 km2, taille approximative de la Belgique. Dans cet énorme labyrinthe de plusieures centaines canaux vivent plus de 20.000 indiens Waraos. La forêt tropicale et la mangrove se disputent cet immense territoire, laissant la place ici et là à d’immenses prairies impénétrables, refuges du jaguar et de l’anaconda. La faune y est partout présente. Insectes, reptiles, mamifères et oiseaux, qu’elles soient diurnes ou nocturnes, la majorité des espèces du Vénézuela se cotoient dans une nature difficile et exubérante. Palmes et palmiers, bromélias, orchidées, lianes, palétuviers, arbres nobles, plantes et arbres parasites de toutes sortes, plantes aquatiques telles que les arômes et les nénuphares, sont entrainées dans une course sans fin vers la lumière et le ciel. Une forte marée régule telle une horloge cet univers, inondant les basses terres toutes les 6 heures, pour repartir ensuite vers la mer aprés avoir tout lavé sur son passage. A travers une dizaine d’embouchures principales, ce sont plus de 20.000 mètres cubes d’eau qui se déversent ainsi à chaque seconde dans le Golfe de Paria et l’Océan Atlantique.

La construction d’un barrage en amont de Tucupita divise le delta en 2 parties bien distinctes, la moitié est, ouverte sur l’Atlantique, et la moitié ouest, ouverte sur le Golfe de Paria. Le barrage canalise la majorité des eaux de l’Orénoque vers Boca Grande, pour une meilleure navigation fluvial des cargos qui remontent sur Puerto Ordaz. La partie ouest, protégée par le barrage, perd une grande partie de l’influence du courant descendant de l’Orénoque. L’eau y est plus plate, sans houle, la marée remonte plus haut, et les eaux salines pénètrent plus profondément dans le delta. Ainsi, vous aurez la surprise en vous rapprochant de la mer de voir diminuer connsidérablement la quantité de moustiques, inaptes à se reproduire dans les lagunes baignées par les eaux saumâtres. Cette séparation est / ouest est aussi à l’origine de deux zones touristiques, et il vous faudra choisir entre les campements du canal Manamo, ou ceux de Rio Grande.

Trois zones trés différentes se distinguent au fur et à mesure que l’on se rapproche de la mer. Le premier tiers appartient déjà aux llanos. De grandes plaines parsemées de forêts où le vaquero, le cowboy vénézuelien, élève ses troupeaux de zébus. Les moustiques y sont légion et vous en conserverez de douloureux souvenirs si vous y passez la nuit. Le deuxième tiers, couvert de forêt tropicale, vous enchantera par la beauté des canaux que vous traverserez, et par la variété des oiseaux que vous y rencontrerez. Une fois bien enfoncé dans cette deuxième partie, les moustiques se font moins nombreux, et vous pourrez en profiter pleinement. La troisième partie fait place à la mangrove, cette magnifique forêt de palétuviers. La zone de transition est certainement la partie touristique la plus riche, bien qu’un coucher de soleil dans la lagune de cocuïna, entourée de palétuviers et peuplée d’ibis écarlate, n’ait rien à envier aux meilleures cartes postales.