HISTOIRE DU VENEZUELA

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Epoque précolombienne.

Les premières populations indigènes d’amérique du sud remontent à plus de 15.000 ans. D’origine asiatique, elles traversèrent l’actuel détroit de Béring, qui à cette époque était couvert de glaces. Les arawaks sont l’un des premiers peuples connus du Venezuela. Ils s’installent en particulier sur la côte de la mer Caraïbe et ses îles, dans les plaines proches de la mer et sur la cordillère des andes. Ces indiens vivront pacifiquement d’agriculture et de chasse jusqu’à l’arrivée des indiens Caribes, grands guerriers de sinistre réputation. Les Caribes viennent des sources de l’Orénoque, qu’ils descendront jusqu’à la côte. Ils combattent et annexent toute tribu rencontrée. Les hommes sont tués, les femmes et les enfants sont intégrés au peuple Caribe. Le fois et le cœur de leurs ennemis les plus braves sont mangés, afin d’hériter de leurs valeurs. Ils coloniseront ainsi toute la côte, ainsi que les îles Caraïbes, avant d’être à leur tour dérangés, puis annexés, par la couronne d’Espagne.
L’invasion Caribe du Venezuela constitue le premier maillon d’une longue chaîne de métissage. Seuls y échapperont les indiens Waraos, qui réussiront à se cacher dans l’immense labyrinthe que constitue le Delta de l’Orénoque.

Découverte du nouveau monde
Lors de son troisième voyage aux « Indes », Christophe Colomb pose pour la première fois le pied en Amérique latine. C’est en 1498, dans un petit village de la péninsule de Paria qui prendra par la suite le nom de Macuro. Ils sont accueillis pacifiquement par les indigènes: « ils nous offrirent du maïs et diverses nourritures, ainsi que des jus et des boissons, dont l’une blanche comme du lait, avec une saveur de vin, et l’autre verte à base de fruits et de maïs ». L’amiral goûtera pour la première fois la goyave, qu’il décrit d’aspect extérieur proche de l’orange, et de saveur semblable à celle de la figue. Nous sommes en août, la saison des pluies est déjà fort avancée, et l’Orénoque déverse dans le golfe de Paria plus de 20.000 mètres cubes d’eau par seconde, repoussant la mer aux limites du golfe. Colomb devine l’importance du fleuve. Après la découverte de tant d’îles, la présence d’un continent ne fait pour lui aucun doute. Les récits de Colomb et de son équipage à leur retour en Europe vont enflammer les passions de milliers d’aventuriers.
L’année suivante, une expédition menée par l’espagnol Alonso de Ojeda longe les côtes vénézuéliennes. A bord d’une des caravelles se trouve le navigateur et géographe italien Amerigo Vespucio, qui donnera son nom au continent américain. Il est enregistré dans le livre de bord comme « I, Amerigo Vespucio comme commerçant, et comme savant en tout sujets de mer et de cosmographie ». C’est dans l’immense lac de Maracaïbo qu’ils vont découvrir le petit village indigène qui donnera son nom au Venezuela. Cette quarantaine de maisons lacustres et les canaux qui serpentent entre elles rappellent Venise à Ojeda, et celui-ci donne à la région le nom de Venezuela (« Petite Venise »).
Aucune expédition ne marquera les trente années qui vont suivre, mais les aventuriers ne manqueront pas. Vers 1515, à la suite de la découverte d’huîtres perlières, une agglomération voit le jour sur la petite île de Cubagua, à proximité de Margarita. Nueva Cadiz recevra le titre de Ciudad (ville) en 1528, première de ce titre en Amérique du Sud. Elle disparaîtra en 1541, balayée par un raz de marée.
De 1530 à 1545, la compagnie allemande des Welser, ayant obtenu pour concession l’arrière pays, entreprit sans grand succès un début de colonisation. Les quelques expéditions lancées à la recherche de l’Eldorado se perdirent dans la jungle, décimées par les maladies tropicales ou les indiens.

La colonisation
En 1556, le contrat avec la compagnie Welser est résilié et le Venezuela rattaché à la couronne espagnole. La vie économique est concentrée sur la côte où le commerce des perles est en plein essor. Les premières plantations de cacao et de tabac ont fait leur apparition. La colonisation des plaines et de la cordillère côtière ne va pas sans heurt avec les populations indigènes. Les hidalgos useront de la rivalité entre tribus pour contracter des alliances et décimer ou repousser leurs principaux adversaires. Les indiens résisteront jusqu’à la fin du 16ème siècle à l’avancée espagnole.
En 1567 est fondée la ville de Caracas. Les salines de Cumana (toujours en exploitation actuellement) voient le jour, exploitées par les néerlandais. De nouvelles cultures, telles que le café et le coton, vont enrichir la bourgeoisie créole. Prés de 200.000 noirs seront importés au pays pour remplacer une main d’œuvre indienne jugée inefficace et insuffisante. Le pays dépend tout d’abord de Saint-Domingue, puis de Santa Fe. Il est sans cesse attaqué par les corsaires anglais et français.
Lorsque le Venezuela est unifié en capitainerie générale en 1777, la population est estimée à 335 359 habitants, dont 79 237 blancs (Nouveau Dictionnaire Géographique. 1823).

L’indépendance
Francisco de Miranda, un des représentants de l’aristocratie créole, tente vainement une première insurrection en 1806. En 1810, le capitaine général est déposé et remplacé par une junte. L’indépendance du Venezuela est proclamée le 5 juillet 1811. Toutefois, les grands propriétaires créoles, confrontés à une révolte des esclaves, se rangent aux côtés de l’armée espagnole et obligent Miranda à capituler en 1812.
Simon Bolivar va alors poursuivre la lutte pendant presque 10 ans. La guerre sociale fait rage, la traite des noirs est abolie, et les espagnols définitivement battus à Carabobo, en 1821, par Bolivar aidé des cavaliers Llaneros (des plaines) de José Antonio Paez. Bolivar regroupe alors Nouvelle Grenade (L’actuelle Colombie) et Venezuela pour créer la république de Grande Colombie. L’Equateur rejoint plus tard ce nouvel état dont Bolivar sera le seul président.
Ne pouvant contrôler l’ambition de ses principaux lieutenants, Simon Bolivar démissionne en 1830 alors que le Venezuela se sépare de la Grande Colombie.
S’il a acquit son indépendance, ce pays de prés d’un million d’habitants doit maintenant trouver une nouvelle identité, se situer par rapport à un passé colonial qui reste encore trés présent, comme en témoigne l’esclavage et l’inégalité sociale héritée du système de castes, rétablir son économie, accéder à un degré de cohésion nationale propre à lui garantir l’intégrité du territoire.


Simon Bolivar


Dictatures et révolutions
La période trouble qui va suivre témoigne de la difficulté a laquelle est confronté le Venezuela pour accéder a cette cohésion nationale. Dictatures, complots, coup d’états, révolutions et constitutions vont s’enchaîner pendant plus de 40 ans, avant que se dessine enfin un projet national, équilibre précaire entre les structures traditionnelles du pouvoir et l’établissement d’un état libéral.


Une période mouvementé de 40 ans

1830 constitution.
1831 Révolution.
1830 à 1846 Dictature de Paez, directement, 1831-1835 et 1839-1842 ou indirectement (Doct. José Maria Vargas 1835-1836 et Général Carlos Soublette 1843-1847), Révolutions en 1835 et 1846, peine de mort pour délit politique établie en 1831, suffrage universel. Repérage de gisements de pétrole à l’embouchure du delta de l’Orénoque.
1847 à 1859 Famille Monagas Général José Tadeo Monagas 1847-1851, Général José Grégorio Monagas 1851-1855, Général José Tadeo Monagas 1855-1858, abolition de l’esclavage en 1854, peine de mort pour délit politique supprimée en 1857.
1858 Constitution.
1858 et 1859 Révolutions.
1861-1863 Réapparition de Paez.
1864 Constitution.
1863-1868, Général Juan Crisotomo Falcon. Délivrance de la première concession pétrolière en 1866.
1868-1870 retour des Monagas.
1870 Révolution.

Guzman Blanco, dictateur éclairé, prend le pouvoir en 1870. Appuyé par un parti libéral puissant, il affaiblit les partis conservateurs, soumet l’église catholique, décrète l’instruction gratuite et obligatoire (1870), crée une monnaie nationale (1871), instaure l’état civil et le mariage civil (1872). Il s’efforce de développer le pays avec l’aide de couteux crédits étrangers. Mais plus de 70 % de la population est rurale, l’économie repose sur des produits locaux traditionnels, cacao et café en particulier, manufactures et industries ne se développent que trés lentement, et les infrastuctures, telles que le réseau routier, restent insuffisantes. Guzman s’exilera définitivement en 1887, et sera suivi par d’autres dictatures moins efficaces (Joacquim Crespo 1892-1898, Cipriano Castro 1899-1908).

L’essor pétrolier
En 1878, la première compagnie pétrolière vénézuelienne est créée, mais c’est en 1883 que l’impérialisme du pétrole va faire son apparition, impérialisme qui gouvernera l’économie vénézuelienne au détriment de la souveraineté nationale, en subordonnant le pays aux intérêts des trusts pétroliers nord-américains et anglais . L’essor pétrolier, en 1920, va mettre fin à la stagnation de l’économie tout en favorisant Juan Vicente Gomez, en place depuis 1908. L’expoitation pétrolière passera de 18 248 tonnes, en 1917, à plus de 15 millions de tonnes en 1928. Une nouvelle définition de la structure socio-économique se met en place, l’ordre rural est bouleversé, le processus d’urbanisation relancé, la bourgeoisie entre dans une phase d’enrichissement accéléré, la classe ouvrière fait son apparition. L’augmentation des recettes fiscales alimente l’activité bancaire, les projets d’urbanisation, et le dévelopement de l’industrie, qui restera toutefois insufisant.
Lors de la seconde guerre mondiale, le commerce internnational est interrompu et le pays prend concience de ses faiblesses et de sa dépendance économique vis à vis des pays européens et des Etats Unis. La mort de Gomez en 1935, les troubles formentés par les étudiants et le peuple, les premières grèves pétroliières, vont relancer l’activité politique. Le nouveau gouvernement, dirigé par le général Eleazar Lopez Contreras (1936-1941), se heurte a la lutte qui oppose les formes traditionnelles et celles qui viennent d’apparaître. Les mouvements naissant sont réprimés, les nouveaux partis dissous et leurs dirigeant exilés, dirigeants parmi lesquels nous retrouveront les principaux personnages de l’aprés-guerre.

La montée de la démocratie
De 1941 à 1945, sous le gouvernement du général Isaias Medina Angarita, les partis politiques sont reconnus officiellement et le syndicalisme apparaît, les droits de l’individu acquièrent une importance jamais connue auparavant, tandis que la pénurie des matières importées révèle comme jamais l’insuffisance du potentiel de production du Venezuela. En 1945, un coup d’état, auquel participe le futur dictateur Pérez Jimenez, place Romulo Betancourt à la tête du pays. Une assemblée législative est élue, dont la première tâche sera l’élaboration de la constitution de 1947. Aux élections présidentielles de 1948 est élu Romulo Gallegos, représentant du parti Action Démocratique. On assiste depuis 1941 à une perte de pouvoir des éléments conservateurs, armée, grands propriétaires terriens, banquiers, qui gouvernaient depuis plus de 50 ans avec l’aide des trusts pétroliers.
Romulo Gallegos est renversé après quelques mois par une junte militaire qui place le colonel Pérez Jimenez à la tête du pays. Celui-ci exerce son pouvoir sans restrictions de 1952 à 1958. De grands travaux routiers sont réalisés, notamment la nouvelle autoroute qui relie Caracas au littoral: sur 26 km, 3 aqueducs, 2 tunnels dont l’un de plusieurs km feront de cette autoroute la plus chère au monde, pour l’époque bien entendu. Sous l’égide de l’Etat, l’énergie, la pétrochimie et la sidérurgie, sont développés. De vastes concessions pétrolières sont octroyées à des compagnies internationales.
En 1958, une insurrection populaire et militaire renverse le dictateur et installe l’amiral Wolfgang Larrazabal à la tête d’une junte gouvernementale. Les élections présidentielles de décembre 1958 donnent la victoire au parti Action Démocratique en la personne de Romulo Betancourt. Celui-ci, malgré une forte opposition des militaires conservateurs, procède à la récupération des principales sources de richesse du pays, et édicte une loi de réforme agraire. Betancourt sera à l’origine de la création de l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Sous le gouvernement de Raoul Léoni, représentant d’Action Démocratique élu en 1963, l’agitation politique, si elle persiste, est trés affaiblie. La guérilla, de type castriste, active du temps de Betancourt, n’arrive plus à s’imposer. Le développement de l’énergie Hydroélectrique s’intensifie avec la construction d’un immense barrage sur le Caroni, le principal affluent de l’Orénoque.
En 1963, le docteur Raphaël Caldera, président et fondateur du parti social-chrétien Copei, est élu à la présidence. Son gouvernement va relancer l’industrialisation, dénoncer le traité commercial avec les Etats-Unis, relever fortement ses impôts pétroliers et les prix de son pétrole. La nationalisation dans un délais de 3 ans des compagnies pétrolières est votée par la chambre. Le Venezuela adhère au pacte des régions subandines.
Dans une Amérique où les dictatures progressent, la démocratisation s’accroche au Venezuela. L’alternance au pouvoir des deux partis dominants va se poursuivre, avec l’élection de Carlos André Perez, d’Action Démocratique, en 1974, puis celle de Herrera Campins, de Copei, en 1979.
La baisse des revenus pétroliers dans les années 1980 engendrent des difficultés économiques et financières importantes et Jaime Lusinchi, d’Action Démocratique, est élu en 1984. L’alternance continuera en 1989 avec le retour de Carlos André Pérez, de Copei, comme président. En 1990, celui-ci décide d’ouvrir de nouveau l ’exploitation pétrolières aux compagnies internationales.

Quelques ouvrages sur l'histoire du Venezuela