
Playa Larga - Choroni / Photo Alborada
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Choroni
et ses environs
Si 1 heure de route suffit pour joindre Marracay, il vous
faudra bien compter 1 heure 30 pour traverser la cordillère
jusquau petit village de Choroni et son petit port touristique,
Puerto Colombia. La route, très étroite, sélève
en lacets jusquau sommet de la cordillère. La
vue panoramique est exceptionnelle. Le parc national Henris
Pitier, qui sétend sur les deux versants montagneux,
est digne du célèbre botaniste. Une végétation
luxuriante accompagne le voyageur. Les grands taillis de bambous
et les fougères arborescentes bordent une route ombragée
de grands arbres. Ce bain de verdure et de fraîcheur
est le bienvenu après lautoroute et la traversée
de Maracay. Si vous vous sentez un petit creux, nhésitez
pas à vous arrêter, lors de la montée,
à ce petit kiosque installé en pleine nature.
Ses cachapas, galettes de maïs, sont excellentes. De
lautre côté du sommet, la cordillère
descend plus lentement vers la mer, et de petits agglomérations
commencent à apparaître. La population semble
assez oisive, heureuse de vivre et de prendre son temps, et
paraît profiter à loisir des bienfaits distribués
par la nature, comme la rivière qui accompagne la route
jusquà la mer. Plus bas, vous traverserez le
magnifique petit village de Choroni. Parcourir ses petites
rues à pied est un plaisir pour les yeux. Les fenêtres,
dépoques, sont mises en valeurs par les murs
colorés des maisons coloniales. Derrière les
grandes portes de bois massif, lon devine les grands
patios frais et ombragés. Quelques kilomètres
plus loin, en arrivant à Puerto Colombia, aux abords
de la mer, le changement de décor est brutal, avec
une agitation extrême qui nest pas sans rappeler
nos villages proches de la mer Méditerranée
pendant la saison estivale. Avec la différence que
la majorité de la population est à dominance
noire et que la bière circule un peu partout, sans
excès toutefois. Les auberges hôtels sont nombreuses
dans le villages, et généralement de bon goût.
La grande plage ombragée de cocotiers se trouve à
1 ou 2 km à lest du village. Au port, les bateaux
en provenance des villages voisins se serrent les uns contre
les autres. Cest ici quil faudra vous rendre pour
négocier votre passage vers des plages plus sauvages
et des villages plus authentiques.
Le petit village de Chuao, à ½ heure
de là, nest accessible facilement que par la
mer. En fait, 2 sentiers permettent dy arriver. Lun
démarre prés de Puerto Colombia, au petit hameau
El Mamon, et vous demandera 4 à 5 heures de marche,
tandis que lautre, commençant de lautre
côté de la cordillère, à l'intérieur
des terres, vous obligera à passer une nuit à
la belle étoile. Dautre part, le soleil torride
et lair saturé dhumidité vous feront
perdre en chemin quelques kg.
Photo Alborada
En débarquant sur la belle plage de Chuao, et en vous
engageant sur le sentier qui mène au village, vous
remontez le temps vers les racines de lépoque
coloniale. Les arbres massifs, centenaires, dispensent une
ombre bienfaisante sur les meilleurs cacaotiers du monde.
Chuao / Photo Alborada
Le cacao de Chuao est réputé pour
son excellente qualité chez les plus grands chocolatiers
de Suisse. Son mode de production, les soins apportés
aux graines et à leur fermentation, nont
que très peu changé au cours des siècles.
Les instruments de manipulation, si lon excepte
la calibreuse, importée de Paris au début
du siècle, sont tous en bois afin de ne pas blesser
la graine. La fermentation sous les feuilles de bananier,
dans de grands bacs de pierre à labri de
la lumière, dure de 3 à 4 jours. La température
est idéale, et le séchage sur la place
de léglise est contrôlé minutieusement
par les femmes du village. Au moindre nuage, les graines
sont rassemblées et retrouvent leur abri sur
le vieux plancher en bois de la coopérative.
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La communauté de Chuao est issue essentiellement des
descendants des esclaves noirs. Leur isolement et linaccessibilité
de leur vallée ont protégé pendant des
siècles leurs coutumes traditionnelles. La danse des
diables de Chuao fait partie dun folklore traditionnel
lié à leur pays dorigine et adapté
au christianisme.
Le village, à 4 km de la plage, est organisé
en communauté autour de la coopérative. La petite
église coloniale et sa cour entouré dun
mur bas donnent un cachet exceptionnel à la petite
place. En retrait, lancienne maison de maître
de ce qui nétait en fait quune petite hacienda,
sert occasionnellement de maison dhôte pour les
visiteurs. Un petit musée, installé au rez-de-chaussée,
présente dune manière parfois un peu naïve
des objets chers au village et à son histoire. Vous
pourrez vous loger au village, et y passer quelques jours
à profiter dune quiétude rare.
Un petit sentier part dans la montagne, où plusieurs
familles possèdent à 1 200 m daltitude
de petits terrains où poussent les caféiers.
Quelques petites maisons, dispersées dans la nature,
accueillent pendant la récolte les habitants de Chuao.
Seule une paire de familles y vit toute lannée.
A proximité descend une cascade. La balade est agréable,
les paysages magnifiques, mais la montée est raide.
Partez tôt le matin pour profiter des heures fraîches,
et emmenez quelques provisions de bouche.

La place du village, où est séché
le cacao
Une autre marche, un peu plus courte mais non moins épuisante,
permet de rejoindre la baie voisine de Cepe, organisée
un peu sur le même schéma, mais avec une population
beaucoup moins importante. Du haut de la petite cordillère
qui sépare les 2 baies, vous profiterez dune
belle vue sur Chuao et sa petite église. Ce petit sentier
nest presque plus utilisé, et ne partez pas sans
être accompagné dun guide local et de son
inséparable machette. Enfin, prévoyez un retour
en bateau.
Pour les moins marcheurs, vous aurez toujours la possibilité
dutiliser les services dun petit bus pour vous
rendre à la plage. Cette navette, offerte par la municipalité
voisine, au nom étrange de Girardot, fut emmenée
par mer jusquau village, comme les 2 ou 3 véhicules
que vous aurez peut-être la surprise de croiser pendant
vos promenades.
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