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Le littoral central
Dix-sept kilomètres d'autoroute à péage
relient Caracas à la mer. L'autoroute fut construite
en 1950, à l'époque du dictateur Pérez
Jimenez. Son coût au km en fit alors la route
la plus chère au monde, avec deux grands viaducs
et deux tunnels, dont l'un de 2 km. Vous aurez certainement
déjà parcouru cette route pour rejoindre
Caracas depuis l'aéroport, et aurez eu l'occasion
de vous surprendre du nombre de véhicules en
panne sur les bas côtés, capots ouverts
pour essayer de refroidir un moteur en surchauffe. Aux
abords de Caracas, la mancha negra, la tache noire,
témoigne de la difficulté des plus vieux
véhicules à parcourir les derniers kilomètres
d'une éprouvante montée. L'asphalte ne
réussit plus à digérer les fuites
d'huile, de plus en plus nombreuses au fur et à
mesure de cette pénible ascension.
La partie du litoral central la plus habitée
s'étend sur 41 kilomètres et va de Catia
La Mar à Los Caracas. Les plages les plus fréquentées
sont celles de Marina Grande, Macuto, Macuto Sheraton,
et Playa Los Angeles. Le week-end, cette partie du littoral
est envahie par les Caraquéniens. Dés
9 heures du matin, l'autoroute qui descend à
la mer n'est qu'un immense embouteillage. Le dimanche
en fin d'après midi, l'embouteillage s'installe
en direction de la capitale. En revanche, les jours
de semaine, voies d'accès et plages sont tout
à fait tranquilles.
Si la ballade entre Catia La Mar et Los Caracas est
loin d'être désagréable, vous n'y
trouverez pas les plus belles plages des caraïbes.
Le sable y est souvent gris, la mer houleuse, et les
cocotiers absents. A Catia La Mar, à seulement
100 mètres de la plage, la profondeur atteint
déjà 100 mètres. D'autre part,
la qualité de l'eau est sujette à caution.
Les agglomérations sont nombreuses, et l'équipement
en station d'épuration est inexistant. Il n'est
donc pas indispensable d'emporter son maillot de bain
pour cette ballade. Par contre, des vêtements
légers conviendront tout à fait pour faire
face au climat tropicale.
Peu de touristes étrangers fréquentent
cette partie de la côte, plus réservée
au tourisme national. Le Macuto Sheraton, hôtel
de 5 étoiles, accueille dans un site privilégié
les amateurs de pêche au gros, tandis que la marine
de Caraballeda est une étape pour les voiliers
en provenance des Antilles. Si vous décidez toutefois
de suivre ce parcours, arrêtez-vous sur la promenade
de Macuto, ombragée de grands arbres et bordées
sur toute sa longueur de grandes maisons coloniales.
Après Los Caracas, la route devient une piste,
et longe la côte sur plus de 40 km. La côte
est alors plus sauvage, et les plages plus belles. Toutefois,
l'endroit reste pauvre, isolé, la sécurité
aléatoire, et le touriste étranger y est
rare.
Beaucoup plus sauvage, la partie ouest de Catia La Mar
abrite dans de petites baies les plages de Chichiriviche
et Puerto Cruz. Un véhicule double traction rendra
la piste plus aisée à parcourir, notamment
après Chichiriviche. De Puerto Cruz, vous pourrez
rejoindre par bateau le petit village de Playa Maya,
caché au fond d'une crique encaissée.
Si cette partie de la côte reste encore peu ouverte
au tourisme international, un petit service hôtelier
s'y organise petit à petit, la côte et
ses environs sont magnifiques, et la sécurité
y est correcte.
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La Colonia Tovar
La guerre d'indépendance coûta quelques
117.000 morts, parmi lesquels une majorité d'agriculteurs,
laissant de nombreuses hacienda à l'abandon.
Pour faire face à cette carence de main d'uvre,
un plan de repeuplement des campagnes fut élaboré.
C'est ainsi qu'en 1843, 145 hommes, 96 femmes et 117
enfants quittèrent leur communauté bavaroise
de la forêt noire et s'embarquèrent au
Havre sur le vaisseau français Clémentine,
pour faire voile vers le Venezuela. Ils embarquaient
avec eux arbres fruitiers et semences, parmi lesquelles
l'avoine, indispensable à la fabrication de la
bière. Un prête, un maître d'école,
un charpentier, un tonnelier, un forgeron, un imprimeur,
un tailleur, un pharmacien complétaient l'expédition.
70 d'entre eux, victimes d'une épidémie
de variole, ne termineront pas le voyage. Après
40 jours de quarantaine dans le port de La Guaïra,
la communauté rejoint dans la montagne les terres
qui lui ont été allouées, offertes
par le comte de Tovar. La Colonia Tovar est née,
à une cinquantaine de km de Caracas, à
quelques 1 800 m d'altitude.
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La colonie restera coupée du reste du monde pendant
prés d'un siècle. Les colons y construisirent
des moulins, un collège, une église, et
montèrent la première brasserie du pays.
Ils étaient reliés au plus proche village,
El Junquito, par un étroit sentier de quelques
30 km. Les mariages avec des personnes étrangères
à la colonie étaient interdits, et le
village comptait en 1250 habitants en 1960.
En 1963, l'isolement de la colonie prend fin avec la
construction d'une route de 32 km, et les caraqueniens
découvrent avec surprise un village où
les habitants pratiquent encore l'allemand, et où
les constructions ont toutes les caractéristiques
des chalets de Bavière. La Colonia Tovar va devenir
peu à peu un haut lieu du tourisme national.
On y vend des mûres, des fraises, des abricots,
des fleurs, des légumes et du pain. Les boutiques
d'artisanat viennent altérer peu à peu
le caractère original et traditionnel du village,
mais celui-ci réussit à garder un caractère
unique, où les traditions ancestrales restent
encore fortement ancrées. On y vient pour manger
une bonne choucroute, un jarret de cochon grillé,
pour avoir froid aussi, et se réchauffer dans
un chalet de bois, devant un feu de cheminée.
Environ 2.000 habitants y vivent aujourd'hui, parmi
lesquels une grande majorité de blonds aux yeux
bleus.
Pour vous rendre dans ce petit coin de Bavière
teinté d'Amérique Latine, prenez l'autoroute
qui traverse Caracas, la Francisco Fajardo, en direction
de l'ouest, vers Antimano et Caricuao. Sortez à
Antimano et suivez la direction de La Yaguara et El
Junquito. Après avoir traversé El Junquito,
village spécialisé dans la cuisine du
cochon sous toutes ses formes, suivez la route principale
qui vous conduira en 30 km à La Colonia. Ne manquez
pas de visiter la poterie qui se trouve un peu avant
l 'entrée du village, sur votre droite, 3 km
après l'arc qui vous souhaite la bienvenue. Dans
le village, un petit musée raconte l'étonnante
histoire de cette communauté.
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El Hatillo
Photo Alborada
A 9 km de Caracas, sur les hauteurs qui dominent la
ville, se trouve un petit village très touristique,
aux nombreuses boutiques dartisanat. La première
de ces boutiques fut fondée en 1970 par un couple
dallemands, dans un petit local de 6 m².
Le centre HANNSI couvre aujourdhui 2 400 m²,
véritable caverne dAli Baba ou vous trouverez
représenté tout lart populaire vénézuélien.
95 % des objets présentés sont vénézuéliens.
Vous y trouverez, entre autre, des antiquités,
des objets indigènes daujourdhui
et dautrefois (parfois de véritables pièces
de musée), des meubles en bois massif, et tous
les objets traditionnels et populaires inimaginables.
Devant le succès de ses propriétaires,
de nombreuses petites boutiques se sont ouvertes dans
les petites rues avoisinantes, attirant touristes nationaux
et étrangers en quantités chaque jour
plus importantes. Les maisons, souvent de style traditionnel,
ont été repeintes et mises en valeurs,
et vous prendrez plaisir à visiter ce charmant
petit village. A voir absolument.
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La lagune de Tacarigua
A 2 heures de route de Caracas se trouve un petit paradis
où le farniente est roi et la nature sauvage.
En plein cur du Barlovento, la lagune sétend
tout au long de 30 km de plage. Le soir, vers 18 heures,
les ibis écarlates, les aigrettes et les pelicans
viennent habiller de grosses fleurs rouges et blanches
les palétuviers qui bordent la lagune, offrant
au visiteur un spectacle inoubliable. A partir du petit
village de Tacarigua de la Laguna, des pêcheurs
avertis vous feront connaître la lagune, parcourant
de petits canaux serpentants au milieu des racines aériennes
de la mangrove. Si vous désirer profiter quelque
peu de la lagune, ils vous déposeront au Club
Miami, géré par des européens.
Cet hôtel, situé au milieu de la plage,
nest accessible que par la lagune. La plage, large
de 150 m, appelle au farniente. Les repas sont excellents
et les tarifs très raisonnables. Attention toutefois
aux moustiques, qui sont nombreux prés du débarcadère.
Aspergez-vous de Off dés que vous débarquez.
(Vous ne serez plus inquiétés aux abords
de la plage). Le pêcheur vous déposera,
reviendra vous chercher en fin daprès-midi
pour voir les oiseaux, vous ramènera à
lhôtel, et reviendra le lendemain à
lheure souhaitée pour votre retour sur
Caracas. Arrangez-vous avec lui pour le stationnement
de votre véhicule.
Pour vous rendre à Tacarigua de la Laguna, sortez
de Caracas par lautoroute côté est,
en direction de Guarenas. Traversez Guarenas et continuez
en direction de Barcelona. 1 km après la Encrucijada,
grande station essence équipée de différents
services de restauration et de boutiques diverses, prenez
à droite la route 12, et suivez-la jusquà
Tacarigua de Mamporal. Prenez ensuite la route 8 jusquà
Rio Chico, qui est à une douzaine de km de Tacarigua.
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