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Personnages familiers
Le ramasseur de canettes
Discret, on le rencontre partout, sur toutes les routes, dans
toutes les villes et toutes les campagnes, où ramasse
les boites de bières, de coca et autres boissons. Une
distance de 50 km entre deux villes, en rase campagne et en
plein soleil, ne larrête pas. Infatigable, il remplit
son sac à patates de boites écrasées dun
coup de talon expert. Une soixantaine de boites vides lui donneront
un kilo daluminium, quil revendra à un fondeur.
Si vous êtes en voiture, gardez pour lui vos canettes
vides dans un sac à part, vous naurez pas à
attendre longtemps pour vous en débarrasser.
Le cireur de chaussures
Métier très répandu dans un pays où
laspect vestimentaire est important. A la terrasse des
cafés, dans les aéroports, dans les rues commerçantes,
à poste fixe ou itinérant. Un conseil toutefois
pour ces derniers, demandez le tarif avant.
Le vendeur de journaux
Sur le boulevard Sabana Grande, à Caracas, un homme court,
une énorme pile de journaux sur la tête, criant
à tue-tête Mundo ! Mundo ! Il vend le
journal du soir, El Mundo, qui commence à se répartir
en milieu daprès midi. Vous le rencontrerez à
tous les feux rouges importants, ou encore dans tous les embouteillages.
Le vendeur de glaces
Diling diling diling diling. Ce son de clochettes familier annonce
un des innombrables vendeurs de glace. Poussant devant lui son
petit chariot blanc, aucune rue ne lui échappe. Deux
marques se partagent le marché, Tio Rico et Efe. A Caracas,
la plupart des vendeurs sont des noirs originaires de Haïti,
qui seront heureux de vous répondre en français.
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Les difficultés d'un recensement.
En 1992, un recensement est effectué sur tout le territoire.
Plusieurs mois de préparation sont nécessaires.
Le territoire est immense, certaines zones sont difficiles d'accès.
Les indigènes sont vénézuéliens
à part entière et ne doivent pas être oubliés.
La centralisation des informations exige une préparation
informatique non négligeable. Petit à petit, les
modalités du recensement se mettent en place. Les lycéens
visiteront toutes les maisons, et rempliront un formulaire par
famille. Un autocollant indiquant Recensado, recensé,
sera ensuite collé sur la porte d'entrée pour
éviter une double comptabilisation, et être certain
qu'aucune maison n'a été oubliée. Les lycéens
porteront tous le même tee-shirt. Le jour J, un dimanche,
est enfin décidé. Une espèce de couvre
feu est décidé pou ce jour là : interdiction
formelle de sortir de chez soi, de 9 heures du matin jusqu'à
18 h. Le recensement peut enfin commencer, et les premières
difficultés apparaître
Les sans papiers, venus
nombreux des pays pauvres d'Amérique latine, ne seront
pas comptabilisés. Pendant la visite des recenseurs,
ils attendront tranquillement dans une autre pièce de
la maison. A Caracas, une bande a mis la main sur des tee-shirts
aux couleurs du recensement. Elle visite les appartements bourgeois
et fait main basse sur bijoux et argent. Dans ces quartiers,
les portes ne s'ouvrent plus devant les vrais recenseurs. Les
ranchos, les collines couvertes de quartiers pauvres, vont vite
s'avérer impossibles à visiter. Beaucoup là
bas ne tiennent pas à être comptabilisé.
Les possesseurs de faux papiers y sont légions, et les
premiers lycéens, mal accueillis, doivent vite rebrousser
chemin. L'intervention de l'armée n'y changera rien.
Les rues de ces quartiers sont étroites comme des couloirs,
les ranchos sont de véritables labyrinthes, et personne
ne tient à déclencher une émeute. La masse
ouvrière des grandes villes sera simplement évaluée..
Par contre, les tribus indiennes, jusqu'aux petites huttes perdues
dans les plus petits canaux, seront comptabilisées avec
succès. La province à répondue présent,
et de petits bateaux ont sillonné toute la journée
tout le système fluvial du pays. Témoins de cette
journée particulière, les petits autocollants
resteront pendant des années collés sur les portes
d'entrée.
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Les pêcheurs de Santa Cruz
Leur communauté est installée en bordure de plage,
les pieds dans leau. Ils vivotent toute lannée,
pêchant le calamar et de petits poissons à la palangrote.
En juillet, avec larrivée des bancs migrateurs
de roujelles, la communauté sanime. La roujelle
est un poisson dune dizaine de kg, qui en juillet et en
août suit la côte par bancs de milliers dexemplaires.
Des pêcheurs sinstallent sur de petites tours de
guets que vous verrez sur les corniches qui dominent la mer.
Ils y passeront la journée, guettant la mer, prêts
à signaler tout banc de poissons qui rentrerait dans
la petite baie. Dautres, munis dun masque et installés
sur de vieilles chambres à air, auscultent constamment
les fonds marins, à la recherche du banc de poissons
qui passerait en profondeur. A larrivée du banc,
sifflets et cris réveillent la plage. Une barque est
mise à leau, et un lourd filet garni de pierres
est déroulé tout autour de la baie, enfermant
dans la nasse des centaines ou des milliers de poissons. Le
filet est ensuite ramené petit à petit sur la
plage, avec laide de toute la population, hommes, femmes
et enfants. Plusieurs tonnes de poissons peuvent être
ainsi prises en un seul coup de filet. Rapidement prévenus,
les revendeurs arrivent avec leur camion cave rempli de glace,
et le transbordement du poisson se fait. De tels coups de filets
sont nombreux pendant la migration, et le capital constitué
pendant ces deux mois fera vivre la communauté toute
lannée.
Si, en suivant la côte, vous voyez des pêcheurs
dérouler un filet à partir dune barque à
rame, nhésitez pas à vous arrêter.
Votre aide pour tirer le filet sera la bienvenue et vous ferez
des photos magnifiques.
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La vieille dame est morte.
L'équipe de boules créoles (pétanque
créolle) de Chuao, petit village côtier de la côte
occidentale, rencontre l'équipe du village voisin de
Cepe. La fête bat son plein. Le terrain fait face au petit
bar qui alimente joueurs et spectateurs en canettes de bières
bien fraîches. Le vieux juke-box, sorti dans la rue pour
la circonstance, diffuse salsa et meringue à tout le
village. Tout à coup, un enfant arrive en courant pour
annoncer la mort de la vieille dame, déjà alitée
depuis quelques jours. Le changement est soudain. Le juke-box
se tait, La partie s'arrête, et la nouvelle est commentée.
Les bières quant à elles continuent de circuler,
en silence toutefois. Quelques jeunes se mettent en route pour
la montagne, où vivent à 2 heures de marches quelques
familles de Chuao. D'autres partent pour la plage, d'où
ils rejoindront par bateau le village de Choroni. De Choroni,
ils pourront téléphoner aux habitants de Chuao
installés dans la ville de Marracay. Petit à petit,
la place commence à se vider, et seuls restent bientôt
les habitants des maisons voisines. Le village va rester étrangement
calme et désert Après un peu plus d'une heure,
des habitants commencent à se diriger vers la maison
de la vieille dame. Beaucoup emmènent une chaise. Un
peu plus tard, des tables et des gâteaux commencent à
circuler, rapidement suivis de caisse de rhum ou de bière.
La veillée s'installe, et va occuper toute la petite
rue. Dans un silence que seuls troubleront les dominos et les
conversations, un bon tiers du village passera toute la nuit
à discuter et à boire. Au matin, personne ne va
travailler. Vers le milieu de matinée, une petite dame
agée vêtue en deuil marche sur le petit chemin
qui vient de la plage. Elle arrive de Marracay, à 30
mn de bateau et 2 heures de route. Dans ces région chaudes
et humides, l'enterrement n'attend pas. Dans l'après-midi,
la vieille dame sera enterrée dans un des deux cercueils
que possède en permanence la communauté de Chuao.
Demain, un nouveau cercueil sera commandé.
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Les indiens Waraos participent à l'édification
du monde moderne.
Des tribus indiennes parmi les plus pauvres
vivent de la coupe du palétuvier. Ce bois très
dur est utilisé comme barre de soutènement dans
la construction. A Caracas, lorsqu'un édifice se construit,
vous pourrez voir des centaines de ces barres soutenir la dalle
du prochain étage. Des créoles de Tucupita viennent
commander ce bois aux confins du delta. Ils apportent avec eux
farine, sel, sucre, huile, et autres provisions destinées
à la population indigène. Les indiens se servent
à volonté dans ce stock. Quand la commande est
prête, les marchandises utilisées sont décomptées,
avec un honnête bénéfice du au transport
de marchandise dans ces contrées loingtaines. Le bois
prend alors la route de Tucupita puis des grandes villes du
pays.
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Le mythe des Yanomamis
Les Yanomamis racontent quils avaient autrefois un grand
chef nommé Omawe. Celui-ci les guidait et leur enseignait
son savoir. Ils vivaient heureux dans la montagne de Parima.
Mais un jour vint une grande sécheresse et le Rio Parima
se trouva à sec. Omawe conduisit alors son peuple vers
le rio Putaco mais celui-ci ne coulait plus. Ils continuèrent
à marcher jusquau Rio Orinoco, et suivant le lit
sec du fleuve,. arrivèrent à une grande lagune
asséchée. Oware planta son arc dans le centre
de la lagune et un mince filet deau apparut, auquel tout
le monde pu se désaltérer. Leau continua
à sortir en de telles quantités quelle provoqua
une grande inondation, et Omawe et son peuple durent fuir et
se retrouvèrent à nouveau dans la montagne de
Parima.
Mais une grande partie du peuple était morte pendant
le voyage et Omawe se trouvait presque seul. Il demanda à
Peribo, la nouvelle lune, de lui rendre son peuple. Il pria
sans succès pendant plusieurs nuits, puis tenta de blesser
la lune avec ses flèches mais celles-ci retombaient toujours
à terre. Une nuit, alors que la lune était au
plus haut, il se coucha à terre et tendit son arc à
laide de ses mains et ses pieds. La flèche monta,
monta, et blessa la lune. De la blessure tombèrent des
gouttes de sang et celle-ci en tombant à terre se changèrent
en Yanomamis. Omawe récupéra ainsi son peuple
et pour cela Yanomami signifie « nous sommes les
mêmes personnes que celles qui vivaient dans la maison
ronde (la lune) ». Depuis, les Yanomamis avec leur
tonsure portent le symbole de Peribo, la nouvelle lune.
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