L'ETAT AMAZONAS


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description générale

Cet immense territoire vierge de 175 750 kilomètres carrés occupe toute la pointe sud du Venezuela, soit environ un cinquième du territoire. Moins de un demi % de la population vénézuélienne y vit, dont 70% d’Amérindiens. La population indigène y est estimée à environ 55.000 personnes, réparties en plus de 20 tribus. Les Yanomami, qui seraient environ 16.000, sont les plus primitifs mais aussi les plus protégés de ces ethnies. Ils vivent dans l’extrême sud est de l’état. Les Guahibos vivent comme les Piaroa dans le nord ouest, dans des zones plus peuplées et proches de Puerto Ayacucho. Ils seraient un peu plus de 10.000. Quelques 8.000 Arawaks vivent prés de la frontière colombienne, au sud ouest, tandis que un peu plus de 3.000 Yekuanas se trouvent à l’est de l’état, aux limites de leurs territoires. Quelques groupes minoritaires regroupent une population de plus de 5.000 personnes. De récents problèmes entre populations indigènes et garimperos, ces chercheurs d’or venus du Brésil, ont mis l’accent sur la sauvegarde de ces ethnies.


photo Philippe Lesné


Les Amazones
Certains chroniqueurs et historiens ne mettent pas en doute l'existence de ces fabuleuses et féroces guerrières, ennemies des hommes qu'elles tuaient sans pitié. De leurs récits, il ressort qu'il existait une province peuplée de femmes prés du Rio Negro. Elles n'acceptaient les hommes qu'une fois dans l'année, lors d'une grande orgie et pour les besoins de la procréation. Les enfants mâles étaient tués ou rendus à leur pères, tandis que les filles étaient élevées en guerrières. Elles se coupaient le sein droit qui les gênaient dans le tir à l'arc. Grandes et altières, blanches, les cheveux long et fournis réunis en tresses, elles étaient nues à l'exception des parties féminines qu'elles recouvraient de cuir. Sir Walter Raleigh, marin, poète et amant de la reine Elizabeth I, fut l'un de ces chroniqueurs. Il affirme aussi avoir rencontré des indiens nains de la taille de 3 mains, d'autres sans tête mais à la figure peinte sur la poitrine, des indiens géants hauts comme 4 hommes et dotés d'une tête de chien…


Le territoire Amazonas est recouvert dans sa majeure partie de forêts qui ne doivent leur salut qu’à l’absence de voies de communications. Aujourd’hui, la pirogue reste encore le meilleur moyen de pénétrer cette zone. Plus de 8.000 espèces de plantes et d’arbres y ont été recensées, dont 7.000 seraient inconnues ailleurs. Ces espèces représentent 60 % des réserves forestières du Venezuela. Paradoxalement, le sol très acide fait partie des sols les plus pauvres que l’on puisse rencontrer, et l’exubérance des plantes ne s’y expliquerait que par une difficile adaptation. Autre particularité, l’Orénoque, avant de quitter le territoire Amazonas qui l’a vu naître, verse un cinquième de ses eaux dans l’Amazone, via le Rio Negro. Tout au sud surgissent de la forêt d’énormes tepuys, considérés comme les plus vieilles formations géologiques au monde (voir à ce sujet le texte sur la grande savane).

La pauvreté des sols, la richesse potentielle des espèces végétales et le respect des groupes ethniques assurent aujourd’hui une protection inespérée au territoire. Il compte quatre parcs nationaux, d’une superficie totale de 53.000 km². D’autre part, nul ne peut plus accéder aux zones indigènes sans un permis spécial. Enfin, une réserve naturelle de 83.000 km² a été crée en 1991. Dans ces parcs et réserves ont été recensées 190 espèces de mammifères et 690 espèces d’oiseaux.
Pour pénétrer ce territoire, l’unique voie d’accès routier passe par Puerto Ayacucho, sa capitale. Pour se rendre ailleurs, seuls existent les voies fluviales ou aériennes.

Puerto Ayacucho et ses environs
Puerto Ayacucho est la petite capitale de l’état Amazonas. Quelques trente mille habitants y vivent sous un lourd soleil, dans une chaleur souvent étouffante. Sept kilomètres séparent la ville de l’aéroport, où atterrit tout les matins un avion de la compagnie Avensa, en provenance de San Fernando de Apure et Caracas.

Vous aurez vite fait le tour de la ville. Son seul point d’intérêt, à part les quelques boutiques d’artisanat, est le musée ethnologique. Très bien conçu, vous y découvrirez les principales cultures amérindiennes. D’autre part, vous y trouverez un peu de fraîcheur. Ne manquez pas d’y acheter la revue Arte y Vida, art et vie, qui, plus qu’un simple catalogue du musée, est surtout un guide complet de la culture et des arts amérindiens.
Le samedi, ne manquez pas de visiter le marché indien, place Romulo Betancourt, où vous trouverez un choix important d’artisanat indigène.
La dernière curiosité de la ville est une maison construite sur une énorme pierre granitique.. La maison repose sur un échafaudage de poutrelles métallique qui entoure la roche. La maison ne touche la roche, de forme ronde, qu’en son centre. Une manière comme une autre d’occuper un terrain que tout autre aurait jugé inconstructible.

Le Cerro Pintado est un immense rocher connu pour ses pétroglyphes, gravures sur roche de l’époque précolombienne. Vous le trouverez prés du village de Pintado, à 17 km de Puerto Ayacucho. Le parc du Cerro Pintado est surveillé par les gardes de Imparques. Un guide vous sera utile si vous ne voulez rater aucun pétroglyphe. Vous ne manquerez probablement pas de voir l’immense serpent, d’une longueur de 45 m, gravé dans la roche.
A 35 km de la ville, en forêt, le Tobogan de la Selva est une grande dalle rocheuse parcourue sur un de ses côté par un gros ruisseau. La pierre y est glissante, d’où son nom de toboggan. Tachez de ne pas vous y casser les reins, la descente est parfois un peu rude. D’autre part, préparez-vous une potion anti jejenes, elle vous sera grandement utile contre la piqûre redoutable de ces petits insectes (voir la rubrique moustiques pour vous en protéger). A proximité du parc, vous pourrez visiter une communauté indienne de la tribu Guahibos.
Excursions

Le Cerro Autana
. Montagne sacrée pour les indiens, elle a la particularité d’être trouée de part en part à 300 m de son sommet. La grotte est suffisamment ample pour autoriser le passage d’un hélicoptère. L’ouverture à une de ses extrémités mesure 16 m pour 22 m. Au milieu de ce tunnel se trouve une voûte en forme de coupole dont le centre culmine à quelques 40 m. Le sol est quant à lui parfaitement propre est lisse, ce qui laisserait penser que la grotte fut creusée par les eaux avant l’érosion et la formation du Cerro Autana. Plusieurs galeries latérales partent dans les profondeurs de la montagne. Son survol fait l’objet d’excursion, que l’on vous proposera à l’aéroport. Une expédition en pirogue de 3 à 4 jours, jusqu’au Cerro Autana, est en vente dans les agences touristiques de la ville.

Plusieurs campements touristiques vous offriront des séjours pouvant aller jusqu’à 3 jours.

Si vous êtes à la recherche de l’authentique, prenez un avion jusqu’à San Juan de Manapiare ou San Fernando de Atabapo, d’où vous pourrez partir en forêt avec des guides locaux.

En ce qui concerne les zones controlées et inaccessibles sans permis, vous pourrez vous renseigner à la SADA (Servicio autonomo para el Desarollo Ambiental de Amazonas), Avenida Los Lirios, via Aeropuerto, Puerto Ayacucho.

Précautions sanitaires.
L’état Amazonas est un des foyers du paludisme. Ne le visitez pas sans un traitement approprié.