Curieusement,
malgré le fait qu'un nombre probablement élevé de permis de conduire
"bidons" (voir note de l'auteur
à ce sujet, à la fin de cette page) ait été délivré sur le territoire,
on ne croise pas vraiment de gens conduisant mal. Les vénézuéliens sont
des personnes ayant un sens pratique et manuel assez élevé, et la conduite
automobile s'en ressent. Par contre, l'interprétation du code de la
route, qui répond théoriquement aux normes américaines, a donné lieu
à un type de conduite tout à fait personnalisé, et il est bon que vous
en connaissiez les règles avant de vous lancer à l'aventure sur les
routes vénézuéliennes
Feux
rouges :S'ils
ne sont pas situés à un carrefour trop important, ils sont généralement
considérés comme des feux oranges, les gens ralentissant puis grillant
le feu s'il n'y a personne. Dans certaines agglomérations, les autorités
semblent vouloir mettre un frein à cette habitude et commencent à sanctionner
ce genre de faute. Conformez-vous donc aux habitudes des autres véhicules.
La nuit, les feux rouges quels qu'ils soient sont allègrement grillés,
parfois même sans ralentir s'ils sont sur une artère principale. Je
vous conseillerais donc de ralentir aux... feux verts !
Souvent détraqués sur les nombreuses voitures en mauvais état
ou datant un peu, ils ne sont généralement que peu utilisés. Comme il
fait toujours beau, que tout le monde roule la fenêtre ouverte, il est
bien plus simple de sortir le bras par la fenêtre pour indiquer à la
personne qui vous suit que vous allez changer de file ou tourner, en
donnant la direction du doigt. Ce geste est très respecté dans tout
le pays.
Feux
de détresses et feux stops :
Remplacés par de amples mouvements du bras à la fenêtre. Vous devrez
ralentir en faisant les mêmes mouvements à l'attention du véhicule qui
vous suit. Ca marche très bien.
Triangle
: Pour
signaler un accident ou un véhicule en panne gênant le passage, vous
devez arracher une branche ou une grosse touffe d'herbe que vous positionnerez
en amont et en aval du problème. Plus la branche est grosse, plus l'encombrement
important ou dangereux. Dans ce dernier cas, positionnez plusieurs balises
en les rapprochant du milieu de la route au fur et à mesure que l'on
se rapproche de l'encombrement. Quand la voie est dégagée, les balises
sont généralement abandonnées au milieu de la route. Avec un peu d'expérience,
on reconnaît leur utilité à leur fraîcheur.

Conduite
à droite :
Remplacée à chaque fois que c'est possible par la conduite au milieu
de la route, ce qui permet d'éviter les trous de la chaussée, généralement
en bordure, et les passants (attention à ces derniers, ne prenez jamais
un virage à la corde).
Panneaux,
bandes de signalisations, etc. :
S'ils sont existant, personne ne s'en occupe, tout le monde préférant
la conduite à vue.
Priorité.
Normalement, le premier véhicule se présentant au carrefour a la priorité.
Pratiquement, le véhicule le plus gros, ou le véhicule en plus mauvais
état.
Accidents
ou accrochage :
Pour que l'assurance joue, il faut qu'un constat soit établi sur place
par la police de la route. Personne ne touche donc les véhicules jusqu'à
son arrivée, ce qui peut donner lieu à des embouteillages importants
pour de petits accrochages.
Alcool
au volant :
Courant. On évite toutefois de porter le verre ou la bière à la bouche
en passant devant un policier. Soyez plus prudent en soirée, notamment
les fins de semaines.
Etat
des routes :
Il existe de très bonnes routes, des routes bourrées de trous, des routes
glissantes, de bonne routes avec tout à coup une zone complètement défoncée,
des routes avec des zébus qui traversent, etc. Vous devez donc vous
fier à la conduite du véhicule qui vous précède, qui connaîtra tous
les déboires avec 100 ou 200 mètres d'avances et vous permettra de les
éviter. Par exemple, si vous voyez qu'au loin (il y a beaucoup de grandes
lignes droites), un véhicule zigzague pas mal, cela doit probablement
vouloir dire qu'il est en train d'éviter les nombreux trous de la chaussée,
s'il roule à gauche, c'est que la partie gauche de la chaussée est en
meilleur état. Généralement, la conduite au milieu de la chaussée est
préférée à la conduite à droite (quand la visibilité le permet). Cette
conduite permet de se garder un espace de sécurité des 2 côtés du véhicule
pour éviter plus facilement les déformations éventuelles de la route.
Alcabalas
:
Contrôles routiers, signalés par un panneau sur lequel figure une petite
guérite, très fréquents sur tout le pays. Vous devez ralentir et passer
doucement devant ce poste de police, en allumant votre plafonnier intérieur
s'il fait nuit, en descendant la vitre s'il elle est fumée. S'il l'on
ne vous fait pas signe, continuez, sinon garez vous pour répondre aux
questions. Le racket qui existait à ces endroits là est en très nette
diminution vis à vis des touristes européens, depuis que les policiers
sont mieux payés et aussi plus responsables. Soyez souriant, ne vous
énervez pas si l'on vous ennuie, ça serait considéré comme un signe
de faiblesse.

Comment j'ai passé mon permis de conduire vénézuélien
(note de l'auteur) : Mon
permis m'a coûté environ 100 francs français, que je n'ai pas payé en
taxe, mais que j'ai donné à un intermédiaire. Le jour de l'examen, nous
étions une cinquantaine de personnes à attendre. Les personnes qui avaient
suivi le cursus normal furent appelées en premier, soit un peu moins
de la moitié. Une heure plus tard, elles attendaient leurs résultats
avec fébrilité, puis disparaissaient avec ou non leur code. Vint alors
notre tour... La salle étant un peu petite, il fallut aller chercher
d'autres chaises, puis les questions commencèrent: ceux qui passent
un permis de conduire voiture doivent répondre B à la question 1, ceux
qui passent un permis moto répondrons A à la question 4, et ainsi de
suite, le tout dit assez rapidement tout de même pour donner un minimum
de difficulté à l'examen, ce qui donnait lieu à de nombreuses discussions
entre examinés du style "qu'est ce qu'elle à dit ? c'est une réponse
au permis moto ou poids lourd ? etc.". A la fin de l'examen, nous
remettons nos copie à l'examinatrice, qui les consulte sur le moment
même et nous renvoie parfois à notre place en nous récriminant: "vous
avez mal répondu à la question 4 ! (c'est presque du style espèce d'incapable
!), vous trouverez la réponse correcte formulée dans la question 8 !
", et ainsi de suite jusqu'à l'obtention du minimum de points nécessaires
pour décrocher le code. Quand tout le monde eu réussi avec sucés à passer
cette épreuve, nous fûmes convoqués un à un pour passer la conduite...
dans un petit bureaux situé au rez-de-chaussée ! Il faut savoir qu'au
Venezuela, on vient toujours passer la conduite soit avec son propre
véhicule, soit avec le véhicule d'un parent ou d'un ami (on ne vous
dira rien si vous arrivez au volant de votre propre véhicule !). Donc,
dans le bureau, l'examen se déroule ainsi : avez vous un véhicule ?
Si oui, on note son numéro de plaque comme étant le véhicule ayant servi
à l'examen, si non, une carte grise est sortie d'un tiroir et l'on note
le numéro d'immatriculation correspondant. Suit une demie heure d'attente
avant que l'on vous donne l'attestation indiquant que vous avez avec
sucés passé les épreuves du permis de conduire ! Vous pourrez revenir
chercher votre permis de conduire définitif d'ici un mois ou deux...